Les Hantises amoureuses – tome 1- Questions et réponses

24 février 2014
Les hantises amoureuses tome 1, couverture Les hantises amoureuses tome 1, couverture arrière

Les hantises amoureuses - tome 1 Journal d’une médium miraculée par sainte Thérèse de Lisieux Un journal intime sur l’amour impossible, l’intrusion de la mère castratrice et la trahison affective

Pierrette Dotrice, Éditions AdA «Les hantises amoureuses» sont en vente dans toutes les librairies et sur commande.

QUESTIONS-RÉPONSES

«Peu importe que votre chum sorte avec sa mère, sa sœur ou sa maîtresse, c’est un adultère. La femme doit sortir du jeu des rivalités qui cause le cancer du sein. La rivalité tombe alors d’elle-même. L’homme met les femmes en rivalité, aux femmes de refuser ce jeu qui mutile leur féminité.»

1. Pierrette, le titre de votre livre: «Les hantises amoureuses», est mystérieux… que signifie-t-il au juste?

C’est un titre qui m’a été dicté en rêve, et que je n’ai pas choisi, ainsi que ceux de mes quatre livres précédents: «Oser l’amour», «Oser la vie», «Oser la santé» et «L’Opération esthétique» (voir mon site internet: www.pierrettedotrice.com). Ce titre m’a intriguée comme vous, et après neuf ans d’écriture de ce livre en six tomes, j’en comprends seulement aujourd’hui le sens véritable. En résumé, il s’agit de trois intrigues amoureuses successives qui m’ont guidée dans un thriller psychologique incroyable, comptant des milliers de hasards étranges vécus depuis la Belgique. Sans ces synchronicités bizarres, je n’aurais jamais trouvé la force et la curiosité (car ma curiosité journalistique était piquée) d’effectuer, à mon insu, ce que je dois bien appeler aujourd’hui un pèlerinage de sept ans, de Bruxelles à Sainte Thérèse de Gaspé. On dit que les hasards sont les dés de Dieu, et aujourd’hui je suis forcée d’y croire, moi qui ai l’esprit scientifique, et qui ne crois que ce que je vois. En somme, j’ai suivi non la voie de la religion, pour laquelle je n’ai aucune vocation, mais la voie de l’amoureux, qui mènent, l’une comme l’autre paradoxalement, à découvrir le Christ en soi.  

2. Parlez-nous de ces intrigues amoureuses.

La première intrigue, qui fait l’objet du premier tome –car il m’a fallu six tomes pour recenser tous les hasards- est une liaison avec un Suisse, Christian, débutée en mai 2001 dans une valse de coïncidences étranges. Ma mère s’était suicidée deux ans auparavant, et j’avais laissé un mot dans son cercueil, pour lui demander de me guider dans ma vie amoureuse. Une démarche que je ne recommande pas. Car primo le suicide n’est pas une mort naturelle et peut induire une influence psychique outre tombe du parent décédé dont l’âme reste coincée entre deux mondes. Et secundo parce que les écrits restent, et que le pacte conclu ainsi avec un mort peut nous emprisonner à vie, à moins d’une très forte volonté pour s’en sortir. Ma mère décédée m’était alors apparue en songe, et elle me disait, ni plus ni moins, de me rendre illico à Montréal car j’y ferais une rencontre amoureuse capitale. Personne ou très peu de gens, n’est-ce pas, auraient l’inconscience de prendre un billet d’avion pour obéir à un songe prémonitoire. Sauf que je connaissais, à l’époque, la pertinence de mes rêves prémonitoires, qui se vérifiaient dans la majorité des cas. Imaginez-vous que sur ce seul songe, j’ai pris un billet d’avion aller-retour pour Montréal, et que la rencontre s’est effectivement produite, dans les circonstances hallucinantes que m’avait, par ailleurs, prédites une voyante bruxelloise, Edith, dont je parle dans le livre.  

3. Vous étiez allée consulter une voyante?

Oui, et le plus fort c’est que le nom de cette voyante bruxelloise m’avait été conseillé –sans que je demande quoi que ce soit- par un écrivain qui signait ses livres à côté de moi au salon du Livre de Montréal en novembre 2000. J’avais fait alors un court voyage à Montréal pour dédicacer mon premier livre, «Oser l’amour dans tous ses états», publié par un éditeur québécois, Un monde différent. Inutile de dire que ce conseil incongru, donné par un confrère auteur, en plein salon du livre montréalais, m’intriguait, et que je l’ai suivi. Je suis donc allée consulter Edith la voyante à mon retour à Bruxelles, dès décembre. Et si elle m’a effectivement prédit les circonstances et le timing exact de la rencontre, la voyante s’est bien plantée pour la suite, qui devait être le mariage de ma vie, et qui a débouché sur un thriller constituant les six tomes du livre!  

4. Comment la voyante s’est-elle plantée?

Parce que si les voyants –du moins certains d’entre eux- ont un don, encore faut-il qu’ils aient effectué le travail psychologique intérieur qui tient compte aussi de la transformation d’une personne et de l’évolution des choses, sans compter que le monde lui-même est très instable, puisque tout va de plus en plus vite. Les voyants ont souvent une vision figée et déterministe du destin, ainsi qu’une ignorance de la psychologie des profondeurs, qui peuvent être préjudiciables si la personne n’est pas solide. Or un partenaire peut en cacher un autre, comme un arbre cache la forêt. Si les rencontres sont probablement déterminées, elles sont ce que nous en faisons et l’être humain a toujours le libre arbitre de s’engager dans une relation, ou de refuser cette chance d’évolution. Pour ma part, je pressentais que je courais à ma perte en attendant le bel amour que la voyante m’avait promis, et j’ai eu la vie sauve in extremis. D’où mon intérêt pour la voyance, qui m’a conduite à enquêter sur ce sujet. Mon livre raconte au fond trois fascinations amoureuses pour trois hommes successifs, jalonnées de rêves prémonitoires, de hasards étranges et de rencontres avec plusieurs voyants, belges et québécois. Un voyage autant extérieur qu’intérieur, qui m’a menée malgré moi à sonder les tréfonds terrifiants, et les mystères extraordinaires de l’âme humaine. Car l’horreur côtoie la joie.  

5. Qu’appelez-vous fascination amoureuse?

C’est un amour qui nous force à nous dépasser, parce qu’il touche à nos zones d’ombres, qui peuvent induire des phénomènes comme la possession, beaucoup plus fréquente qu’on ne croit. N’oublions pas que nous sommes tous interconnectés et que nos frontières humaines sont très perméables et sujettes en permanence aux influences, bonnes ou mauvaises, qui nous entourent. Les «amours impossibles» sont en quelque sorte une initiation. Regardez le nombre de femmes qui ne peuvent décrocher d’amours dépendantes et malheureuses… sur le plan psychologique, c’est une névrose, mais sur les plans physique et spirituel, ces amours-là viennent de mémoires généalogiques ou de vies antérieures, un concept que j’ai découvert durant les dix ans d’exploration des mondes parallèles et du monde des esprits où m’a entraîné mon livre. Pour comprendre ce qui m’arrivait, j’ai fait une psychanalyse. Mais mon psy, qui était pourtant un psychiatre reconnu en Belgique, fut vite été dépassé et admit lui-même que mes rêves étaient prophétiques. Le phénomène de la possession amoureuse dépasse la psychanalyse, il est très courant, et débouche sur des phénomènes surnaturels que les gens camouflent ou étouffent avec des antidépresseurs, par crainte de paraître ridicules ou d’être incompris.  

6. Quels sont les phénomènes surnaturels induits par ces amours possessifs?

Le vampirisme psychique peut aller loin, et j’en explore toutes les dimensions dans les deux premiers tomes des Hantises amoureuses. Pour ma part, j’ai vécu, contre mon gré, des expériences effrayantes qui, une fois acceptées et transcendées, m’ont permis de me délivrer. Ces phénomènes s’apparentent à ceux des maisons hantées; ainsi, j’ai vécu dans deux condos infestés par ces amours possessifs, se traduisant notamment par des coups dans les murs, des poltergeists ou déplacements bruyants d’objets, des sensations de toucher physique, de présence, de discours étranges entendus pendant le sommeil, souvent en langue ancienne. Ces phénomènes entretiennent naturellement la fascination amoureuse, car impossible de couper un lien malsain malgré toute notre bonne volonté. Voilà pourquoi j’ai été obligée de déménager quatre fois en huit ans, pour faciliter la coupure avec des obsessions amoureuses, chacune avec des hommes qui avaient une peur panique d’aimer (hommes et femmes souffrent quasi tous aujourd’hui de la phobie de l’engagement, qui multiplie les relations obsessionnelles et les clubs de rencontres). Il faut savoir que la coupure avec une hantise amoureuse ne peut se faire que via un déménagement et un intense travail sur soi. Mais cela ne suffit pas, une fois le deuil accompli et accepté, seule la rencontre avec un nouveau partenaire permet de couper le lien physique restant, car la sexualité est le meilleur moyen de posséder un esprit, proche ou à distance. Ainsi, ma fascination pour Christian s’est poursuivie au-delà de l’océan, à 6000 km de lui, bien que j’étais heureuse dès mon arrivée au Québec. C’est grâce à la rencontre d’un autre homme, Richard, et au retour de Christian, deux ans plus tard, que j’ai pu enfin couper définitivement le lien. Christian a fait le voyage pour me rejoindre au Canada. Il m’a suffi de trois heures de mise au point avec cet homme pour me rendre compte qu’il ne s’était pas transformé, et que notre relation était enfin morte, car j’avais réussi, pour ma part, à renaître de mes cendres. Je l’ai alors renvoyé en Suisse, sans autre procès. Il est bon de chevaucher un amour passion, et d’aller sans regrets au bout de la relation, car il nous mène, en fin de compte, à notre éclosion. Voilà une autre définition de la hantise amoureuse.  

7. Si je comprends bien, votre ouvrage est un genre de Prophétie des Andes, mêlé d’esprits possessifs, de malédiction familiale, de phénomènes d’épouvante et aussi de voyance?

Effectivement, si l’intrigue est amoureuse, mon livre est bien un genre de Prophétie des Andes, vécu pour de vrai, teinté de sorcellerie, et dont chaque mot est véridique. Il faut savoir que chacun de nous porte une sorte de malédiction familiale ou de prison psychologique venant de ses ancêtres, et dont il doit s’extraire. La plupart des gens vivent sans jamais pouvoir se libérer de ce «destin familial» qui agit à notre insu, conditionne nos vies et fait de nous des pantins programmés. La loyauté familiale va très loin, et c’est elle qui, à notre insu, rend nos amours impossibles. C’est pour cette raison que seule l’exploration de notre inconscient peut nous rendre clairvoyants et nous affranchir de ces amours malheureuses ou adultères. Or lorsqu’on explore l’inconscient, on touche forcément à des zones inconnues ou ésotériques. Le psychiatre Jung disait lui-même qu’on ne guérit pas sans toucher à l’ésotérisme. Durant cette enquête qui a duré près de dix ans, j’ai notamment fait des découvertes fascinantes sur la voyance, principalement sur la manière dont une voyance démodée peut véritablement anéantir un consultant non averti, en le maintenant dans des mécanismes de dépendance. Et j’ai surtout découvert qu’au-delà de la voyance, il y a les miracles, qui, eux, m’ont sauvé la vie.  

8. Justement, pourquoi ce sous-titre: «Journal d’une médium miraculée par Sainte Thérèse de Lisieux»?

Voilà tout le sel de l’histoire. Figurez-vous que j’étais parfaitement athée en Belgique, où j’ai passé 42 ans de ma vie. Jamais un cours de religion. Pas de seconde communion. Pas de messe, ni d’attrait particulier pour la spiritualité. Sauf qu’à 40 ans, je vivais des choses très dures à Bruxelles, comme je vous l’ai dit, ma mère venait de se suicider, et je venais d’être abusée dans une histoire de chirurgie esthétique (je raconte cette autre aventure dans mon quatrième livre: «L’Opération esthétique, Journal intime d’une journaliste cobaye de la chirurgie esthétique» paru aux éditions Le Dauphin Blanc en avril 2006). Bref, l’horizon en Belgique était bouché en ce qui me concerne, d’autant plus que je m’extrayais alors difficilement de cette passion amoureuse avec Christian le Suisse, qui me rendait prisonnière d’une relation abusive et manipulatrice. Une histoire de trahison qui a viré à l’obsession, alimentée par la voyante Edith, et dont je me suis éjectée par le miracle que voici. À 41 ans, pénétrant quasiment pour la première fois dans une église bruxelloise, dans un quartier bien nommé LA BASCULE, j’ai vu une photo de Sainte Thérèse enfant, sur laquelle était inscrite cette formule: APRÈS MA MORT JE FERAI PLEUVOIR UNE PLUIE DE ROSES. Sainte Thérèse ressemblait, sur cette photo, à ma mère Marie-Thérèse. N’ayant rien à perdre, puisque j’avais pratiquement tout perdu, j’ai mis la sainte au défi de me tirer de là. Et trois mois plus tard, croyez-le ou non, j’ai atterri à… ROSEMÈRE DE SAINTE THÉRÈSE, au Québec, alors que rien n’était prévu pour ce départ précipité au Canada!  

9. Mais comment s’est fait ce départ, et qu’est-ce qui vous a amenée précisément à Rosemère de Sainte Thérèse?

Après ma prière à l’église de la Bascule, que j’ai renouvelée plusieurs fois (je faisais des pèlerinages de 10 km à pied, chaque jour, pour m’y rendre depuis mon logis bruxellois), se sont produits une série de rêves et de coïncidences absolument remarquables. Mes songes me disaient clairement d’émigrer au Canada, alors que je n’y avais aucune attache, juste un livre: OSER L’AMOUR, publié en novembre 2000 par un éditeur québécois (Un monde différent). Un songe prémonitoire m’avait montré l’endroit où j’allais vivre, au Québec: soit une zone boisée, dans une grande maison ornée de plusieurs toits pointus, jouxtant d’une rivière. Le rêve précisait que mon voisin de palier serait égyptien, un amoureux que je retrouverais d’une autre vie, et même de plusieurs vies (or je ne croyais pas alors aux vies antérieures). Je ne connaissais pas le nom de la ville où j’allais atterrir, mais j’avais des informations précises, en rêve, sur ce qui allait se produire. Pour faire le point, je suis allée deux jours en janvier 2002 dans un refuge belge, en Ardennes. Et là j’ai vu apparaître Sainte Thérèse en songe, qui me disait de laisser tomber le mental et de suivre mon intuition. Et mon intuition était claire, il fallait émigrer au Canada, seule, sans personne pour m’attendre là-bas. Pour me guider, je n’avais que mes rêves et mon journal de coïncidences, que je tenais alors fidèlement. Je savais toutefois, pour l’avoir expérimenté, que lorsqu’on ose un pas, la vie fait le reste et il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour vous tendre la main, car tout arrive par les RENCONTRES SYNCHRONISTIQUES.  

10. Qui vous a tendu la main?

Une amie française émigrée, elle, à Las Vegas: Sophie Merle. Je ne l’avais jamais rencontrée, mais Sophie avait lu mon premier livre: «Oser l’amour dans tous ses états» (Un monde différent), et elle était entrée en contact avec moi parce qu’elle appréciait mon écriture. Cette femme extraordinaire, qui est aussi écrivaine (elle a publié notamment un best-seller sur le feng shui) m’a exhortée à faire valoir mon certificat de résidente permanente, que j’avais demandé deux ans auparavant à tout hasard, et qui me donnait le droit d’émigrer au Canada. Ce certificat arrivait à expiration en mai 2002. Or on était en janvier, et tout était à faire! Sophie a contacté ses amis du Québec (car elle avait vécu quelques années à Sainte Adèle, dans les Laurentides); l’un deux m’a appelée de Saint Sauveur, et l’autre de… Sainte Thérèse de Blainville. Deux noms prédestinés! Ce dernier, Gilles Debut (sic), possédait un terrain de golf renommé à Sainte Thérèse, et il m’a proposé de venir en voyage de reconnaissance en février 2002 à Rosemère de Sainte Thérèse, où il m’a réservé une chambre dans un merveilleux gîte: Le gîte Maisonneuve. Imaginez comme le signe m’a parlé: ROSEMÈRE DE SAINTE THÉRÈSE, ou OSER LA MÈRE, autrement, alors que la mienne venait de se suicider! Quelle jolie coïncidence, sans oublier les ROSES promises par la sainte! J’ai réservé un billet d’avion pour un voyage de douze jours à Sainte Thérèse de Rosemère en février 2002, et c’est là que mon destin a basculé.  

11. Quel a été l’élément déclencheur?

Après avoir vécu diverses péripéties durant ce voyage de février, je ne voyais toutefois aucune opportunité concrète s’ouvrir pour immigrer au Québec. Ceci malgré une lecture édifiante que je faisais alors: «LES HASARDS NÉCESSAIRES», de Jean-François Vezina, un livre que j’avais trouvé à la librairie Carcajou de la Place Rosemère, et qui m’éclairait sur les synchronicités étranges que je vivais (en passant, par un hasard époustouflant, je me suis retrouvée voisine de Vezina lors de mon déménagement ultérieur à Québec!) Je me résignais donc au retour en Belgique. J’ai alors rencontré, le dernier jour (soit la veille de mon retour pour la Belgique), un homme d’affaires à la retraite, Pierre, très empressé à me faire venir au Canada. Cet homme m’offrait de m’aider à me chercher un condo à Montréal, et il m’a montré sa motivation en m’envoyant des roses par la suite en Belgique. Je me suis alors fiée à Sainte Thérèse, supposant que c’était là le début de la pluie de roses! Pierre m’écrivait régulièrement et me mettait en confiance. C’était sans doute la perche attendue. J’ai alors mis mon studio bruxellois en vente, et j’ai pris un billet d’avion Bruxelles- Montréal (sans retour) pour le 10 mai 2002 (mon certificat de résidente permanente expirant le 14!) Sauf que Pierre m’a claqué dans les doigts la veille de mon départ…  

12. Comment s’est produit ce désistement de dernière minute?

J’ai eu la surprise de recevoir un courriel de sa part, m’annonçant qu’il avait retrouvé une femme perdue de vue depuis des années, et qui venait, elle, de divorcer… or cette femme intéressait Pierre depuis longtemps… Et voilà comment je me suis retrouvée seule, absolument seule, en ayant vendu mon studio de Bruxelles et à la veille de mon départ pour le Québec!  

13. Qu’avez-vous fait devant ce nouveau coup du sort?

Je n’avais plus le choix, il me fallait partir car j’avais tout liquidé en Belgique, et passé aussi un contrat avec les déménageurs Cotnoir… Marthe et Charles Maisonneuve, qui tenaient le gîte Maisonneuve de Rosemère de Sainte Thérèse, m’attendaient pour le 10 mai, et mon plan était de rester chez eux quelques semaines, le temps que je trouve un condo à acheter dans les environs de Rosemère… Je n’avais d’autre indication que ce fameux rêve où je me voyais rejoindre un Égyptien, qui serait mon amoureux depuis plusieurs vies, et qui vivait lui-même dans une mystérieuse grande maison à plusieurs toits pointus dans une zone boisée près d’une rivière!!!! Il fallait du culot et de la foi pour oser y croire!  

14. Que s’est-il passé ensuite?

En arrivant à Rosemère le 10 mai 2002, j’ai été accueillie par Gilles Debut, patron du golf de Sainte Thérèse, avec qui j’avais gardé contact. J’ai alors commencé par sillonner les environs du gîte Maisonneuve, chaque jour, dans de longues marches qui ne me menaient pas au logis dont j’avais rêvé, sinon à découvrir la librairie de la ville de Sainte Thérèse, rue Turgeon, où j’achetais des livres pour me rendre l’espoir. J’ai ainsi découvert plusieurs titres qui allaient guider mon enquête, comme: «Marcher entre les mondes», de l’auteur Gregg Braden, spécialiste en physique quantique, «Le futur de l’amour» de Daphné Rose Kingma, «Les contrats sacrés» de la journaliste et guérisseuse intuitive Carolynn Miss, etc etc. Ma mission de vie se dévoilait petit à petit, en pointillés comme les cailloux du Petit Poucet, sans compter que Sainte Thérèse faisait des apparitions régulières dans mes songes pour me dire que mon destin était dans l’écriture, et que je serais la nouvelle Colette, ce dont je me fichais pas mal à l’époque. Or Colette est un écrivain français que je n’ai jamais lu, et à laquelle je me suis intéressée récemment parce que j’ai découvert d’étranges coïncidences entre son destin et le mien (l’une des plus grosses est que l’auteure a résidé à Saint Sauveur en France). Sans compter que mon troisième chum (qui apparaît dès le troisième tome) est français et vient de Corrèze, où a vécu Colette…  

15. Avez-vous fait des rencontres synchronistiques à votre arrivée?

En arpentant Rosemère et Sainte Thérèse de long en large pour trouver mon logis prémonitoire, j’ai fait des rencontres, à commencer par celle d’un Normand qui me voyait aller, me suivait discrètement, et que j’intriguais au plus haut point par mon allure d’étrangère mystérieuse. J’ai compris, en passant et sept ans plus tard, que tous les Normand rencontrés dans ce périple étaient des clins d’yeux de Sainte Thérèse (soit des relais) puisque la ville de Sainte Thérèse de Lisieux, où se trouvent les reliques de la sainte, est un chef lieu de Normandie. Et j’ai découvert dans l’histoire du Québec que les missionnaires de la Nouvelle France débarqués voici quatre siècle venaient nombreux de la Normandie! Le premier Normand, qui était professeur de physique à Sainte Thérèse, est tombé amoureux de moi, mais comme il n’osait pas embarquer, j’ai poursuivi mon chemin sans attendre.  

16. Comment finalement avez-vous trouvé l’Égyptien dont vous aviez rêvé?

Entretemps et face à l’échec de mes démarches pour trouver mon condo dans les environs de Rosemère par les promenades, j’ai fait appel à une agente immobilière qui m’a questionnée sur ma demande. Inutile de dire que l’agente immobilière était effarée d’entendre ma requête, aussi candide que mon rêve fait en Belgique: je cherchais une maison aux toits pointus dans une zone boisée, près d’une rivière, où un Égyptien m’attendait!!! Mais figurez-vous que nous avons trouvé tout de suite cette maison, la première que nous visitions!!! Car au détour d’un chemin, il se fait que j’ai reconnu la rivière de mon songe, la rivière des Mille îles en fait, ainsi que la grosse maison aux toits pointus qui lui faisait face dans une zone boisée –il s’agissait d’une copropriété de quarante condos de l’Ile Saint Jean, voisinant le Vieux Terrebonne, et le plus fort c’est que l’Égyptien en question m’attendait en haut des marches!!! C’était le vice-président de l’immeuble, et il s’intéressait à cette étrangère qui arrivait de nulle part, et cherchait le condo qui lui était réservé dans l’invisible!  

17. Quel est le fil conducteur, en somme, des Hantises amoureuses?

Dans une gerbe de coïncidences, de miracles petits ou grands et de rêves prémonitoires qui en tracent l’intrigue (car je n’ai aucune imagination pour inventer un scénario, et la vie s’en est chargée mieux que moi), le livre est une recherche fondamentale pour les femmes qui, dès l’âge de quarante ans, se posent une question cruciale: que fait une femme à mi-vie lorsqu’elle veut oser l’amour d’égale à égal avec un homme dans un monde déboussolé? Y a-t-il pour elle une autre perspective que celle de la femme soumise ou de la femme fatale? Et s’il existait une voie, avant-gardiste, qui permet aux femmes de rester vraies, d’éviter amertume et cancer (voir la pandémie de cancers du sein, dont la cause cachée est souvent le choc due à la trahison affective), tout en aidant les hommes à renaître? Et s’il y avait une autre issue que l’adultère, les rivalités, la peur d’aimer, les liftings cumulés ou l’attente passive pour répondre aux démons de midi? Dans ce périple où j’ai vécu trahison affective sur trahison affective, sans arrêt, depuis plus d’une décennie, je n’ai pas perdu espoir que l’homme et la femme puissent développer un partenariat gagnant, de cœur et de projet, et s’extraire du piège de leur arbre généalogique et de leur peur d’aimer. Car la peur d’aimer gangrène aujourd’hui les rapports entre hommes et femmes prisonniers de leurs ancêtres. Dès lors, aimer non à en mourir mais à en vivre devient le plus urgent combat.  

18. Et comment mène-ton ce combat vers l’autonomie affective?

En osant la vie, en osant suivre les signes flagrants dont la vie nous gratifie à chaque instant dès lors qu’on en fait la demande. Avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, car les réponses sont à notre portée, à chaque instant, sans recourir aux psys ou aux voyants. Et quand des zones d’ombre se présentent, des passages difficiles, des incertitudes fondamentales, oser se fondre dans la détresse, ressentir la douleur, le chagrin, bref oser les larmes pour se nettoyer du dedans… La réponse surgit alors, de notre for intérieur, limpide, après un temps d’arrêt, un temps que l’on croit mort mais qui est hautement productif. La réponse vient toujours de l’intuition ou de l’intérieur. À notre insu, les larmes provoquent une alchimie intérieure, et notre âme en resurgit toujours plus clairvoyante et grandie. Un jour, survient la récolte, soit ce que notre âme désire le plus au monde. Mais entretemps le voyage est si beau, malgré les larmes, qu’il vaut bien le résultat… car plus on VOIT, plus on comprend, plus on s’approche de la PLÉNITUDE et de la JOIE, l’état indispensable pour attirer l’Autre. C’est alors que peut survenir le mariage entre deux êtres libres et autonomes, tant sur le plan psychique que physique. Ces mariages-là sont rares, mais ils doivent devenir notre idéal collectif si le monde veut s’en sortir.  

19. Que diriez-vous à propos de votre guide, sainte Thérèse de Lisieux?

Sainte Thérèse s’est pratiquement imposée à moi, qui ne l’avais priée finalement que quelques fois. Le prix qu’elle m’a demandé pour m’affranchir de mon passé était exorbitant, mais je suis heureuse d’avoir suivi les «directives» divines dispensées en songes et en signes. La récompense fut à la mesure du sacrifice, puisque j’ai VU de mes yeux des miracles que je n’aurais jamais cru possibles auparavant (je vous rappelle que j’étais athée). Par ailleurs, sainte Thérèse semble assez modeste, puisqu’elle m’a présenté d’autres saints en songe, que naturellement je ne connaissais pas puisque je suis inculte en religion. J’ai ainsi vu «apparaître», à de nombreuses reprises, dans mes songes, des figures aussi fascinantes que Saint Jean Vianney (le curé d’Ars), sainte Philomène, l’archange Michael, qui à leur tour venaient me livrer des informations sur l’intrigue, qui se muait dès lors en dévoilement de mystères… Sans doute que sainte Thérèse a fait de moi, et à mon insu, une missionnaire des temps modernes, durant ce périple qui va de Bruxelles à Rosemère de sainte Thérèse pour aboutir finalement, et contre mon gré, à Sainte Thérèse de Gaspé (notez la logique divine dans l’itinéraire qui m’a fait déménager quatre fois, avec vente et achat simultanés!)… On dirait même que le but de sainte Thérèse était, en guidant mes écrits, de remettre au goût du jour des saints dont on ne parle presque jamais, comme sainte Philomène qui m’a littéralement canardée de prodiges époustouflants (et à qui je dédie mon troisième tome), ou encore des bienheureux non encore canonisés comme la mère Marcelle Mallet ou Marie de l’Incarnation que je ne connaissais absolument pas avant de m’établir à Québec. Je dirais que les saints «promotionnés» par sainte Thérèse ont tous en commun de proposer une nouvelle vision, rafraîchie et candide, de l’église, avec des attributs qu’on méconnaît chez les saints, et non des moindres: un sens parfois décapant de l’humour, un caractère trempé, ainsi que le don de voyance (le curé d’Ars était connu comme un des plus grands voyants de tous les temps). Aussi curieux que cela paraisse, sainte Thérèse m’a aussi fait des révélations oniriques sur le don de voyance (qu’elle avait elle-même) et sur des questions aussi pointues que celle-ci: pourquoi, souvent, la prédiction qu’on attend ne se produit-elle pas? Bref, un enseignement teinté de physique quantique, dont j’ai eu la confirmation dans certains livres auxquels me renvoyaient mes songes. Car je suis une scientifique et je ne crois que ce que je vois, ne l’oubliez pas. Donc, dès que je «recevais» un nom ou une information en songe, je filais en librairie acheter tous les bouquins relatifs à cette information. C’est ainsi que je me suis constitué une bibliothèque assez fournie de biographies de saints et de livres plutôt rares en métaphysique. Enfin, inutile de vous dire qu’avec mon caractère et celui –trempé- de sainte Thérèse, nous nous sommes empoignées plusieurs fois, et que j’ai lancé l’image de la sainte aux orties à maintes reprises… pour la récupérer piteusement lorsque je constatais que les miracles annoncés en songe n’étaient pas suspendus (une des farces préférées de la sainte pour tester notre foi) sinon postposés à cause de mes attitudes récalcitrantes, et dépassaient chaque fois mes espérances! «Tu nous emmerdes» m’a-t-elle lâché tout de go, un jour de doute, fort à propos, dans un rêve… «Tu reçois des réponses précises à des questions précises, maintenant on va t’envoyer promener!» Vous voyez, sainte Thérèse n’a rien d’une sainte Nitouche, mais elle vous envoie une pluie de roses mêlée de solides uppercuts, âmes sensibles s’abstenir!  

20. En somme, en sus d’une enquête sur la voyance, «Les hantises amoureuses» sont un manuel de stratégies amoureuses, guidé par les saints et les anges, sur fond d’intrigue mêlant coïncidences et trahisons affectives…

Exactement. Vous voyez que sainte Thérèse ne fait pas dans la dentelle nouvel âge, et qu’elle prône l’éclectisme. Aujourd’hui, l’urgence est affective. Il faut rendre aux hommes les yeux des femmes. Il n’y a plus une seconde à perdre si nous voulons stopper l’inceste affectif responsable des trahisons (de soi et d’autrui) et sauver le monde, car chaque être est responsable, et c’est l’union des hommes et des femmes qui forme les nations. La guerre que nous nous magasinons n’est autre que l’impossibilité d’oser l’amour, au singulier, entre hommes et femmes. L’homme et la femme vont bien ensemble, mais ils n’ont pas encore trouvé le déclic qui permet leur cohabitation fructueuse, et l’union extatique qui augure le paradis sur terre. Car si sainte Thérèse voulait passer son ciel à faire du bien sur la terre, comme elle disait, je crois que nous pouvons, hommes et femmes, bâtir notre paradis sur terre, et connaître l’extase autrement qu’au Carmel, mais il est moins une!!!  

21. Le mot de la fin?

Le deuxième tome des Hantises amoureuses sort au printemps. Il est le plus gros de tous et s’intitule «Journal d’une medium confrontée à l’enfer des âmes égarées». Un vrai film d’horreur, qui peut nous arriver comme à notre voisin de palier. Car à notre insu nous sommes entourés d’entités, sombres ou lumineuses. Ce deuxième tome aborde la voie initiatique du médium, ou la nuit de l’esprit après la noire nuit de l’âme du premier tome. Mais ce passage au pays des âmes égarées a accru ma lucidité et donc mon ouverture à la joie. Un Évangile de Jean, version moderne, écrit à mon insu, bien malgré moi, et qui est une preuve quasi scientifique que Dieu existe au vu des coïncidences remarquables et innombrables jalonnant ce livre.

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